Jean-Robert Bos édite le blog d’Andernos qui comme celui du Cap-Ferret a pour vocation de défendre un certain art de vivre autour du Bassin.
Son credo : "Des idées pour une urbanisation freinée, une mixité sociale accrue et plus de solidarité. Un Mouvement durable pour un développement soutenable de la commune d’ Andernos-les-Bains."
Jean-Robert anime aussi le blog du Club informatique d’Andernos.
Interdit de quoi ?
Dans la série des interdictions au Cap-Ferret, voici notre interdit du jour (vous noterez qu’il n’est pas au goût de tous … en tous cas des pêcheurs !). Ici au nouveau ponton de Bélisaire.
La plage comme vous ne l’avez jamais vue
Les oceans sont indeniablement les toilettes du monde, mais ce qui est plus difficile à percevoir, c’est que les plages font bien office de rouleaux de PQ!!! et c’est rien de le dire. Le spectacle que vous voyez sur ces quelques photos n’est pas une décharge, mais la plage de "La Pointe" au Cap-Ferret. Evidemment quand on est en pleine saison, le flot de touristes pousse les autorités à faire nettoyer le sable afin que soient plus présentable notre littoral. Quand arrivent les beaux jours, ces détritus sont tous simplement
ramassés en un coin de plage, puis brulés, et enterrés sous quelques
mêtres de sable. Je trouve déplorable que tout le monde fasse la sourde
oreille à ce problème qui participe de notre santé à tous, ainsi que
de celle de nos enfants. Après l’Erika, puis le Prestige, on aurait pu s’attendre à un regain d’intérêt pour nos côtes. Que neni! L’observatoire du littoral n’est qu’une louable intention… Par contre, les otites, infections de la peau et autres conjonctivites directement liées à ce type de pollution sont monnaies courantes en hiver pour les populations (certes limitées de Surfers).
D’où viennent tous ces déchets ? Il existe plusieurs théories, et à en croire les étiquettes des détritus qui jonchent le sable, la plus crédible serait celle du courant qui remonte l’atlantique nord et tourbillonne au large du Pays Basque avant de remonter vers l’Irlande. Ce dernier trainerait toutes les ordures jetées dans l’Atlantique et principalement celles en provenance de l’Espagne et du Portugal. Le deuxième facteur majeur est la négligence des vacanciers d’une part, et des autorités de l’autre. En effet, d’un côté c’est un peu la politique des "Bronzés". Si, si, vous savez le "on s’en fout l’hiver on est à la montagne"… De l’autre, lorsqu’une bouteille en plastique est "oubliée" sur la plage, elle est "nettoyée" (enfouie par un tracto-pelle) et peut réapparaitre des années après.
Devons-nous continuer à faire la politique de l’autruche ? Il est plus facile pour nous de fermer les yeux et de passer sur autre page web… Pourtant c’est bien sur le sable que vous entrevoyez sur ces photos que vous vous prélasserez cet été. Si le Cap-Ferret reste, somme toute, un lieu protégé, irons-nous un jour jusqu’aux situations extrêmes où les plages sont interdites au public ? Qu’en pensez-vous?
L’eldorado des interdictions
Le Cap-Ferret est un coin de Paradis. L’océan y rencontre le
bassin d’Arcachon, les plages sont immenses et il n’est pas rare d’y perdre la
notion du temps, tant le calme et la beauté des paysages vous transportent.
Mais aujourd’hui, il n’est pas que les paysages magnifiques qui pullulent au
Cap-Ferret. Il y a également les interdictions en tout genre.
On vous avait parlé de l’interdiction de la pratique du kite surf sur le banc
d’arguin (alors que le Jet Ski est roi…) Et bien les autorités ne se sont pas
arrêtées là. Devant le restaurant mythique "Chez Hortense", vous
trouverez désormais un panneau vous interdisant de circuler : en vélo, à pieds,
en voiture (bon ok pour la voiture c’est un cul de sac, et le terrain est
meuble donc on peut comprendre…). Cette énième interdiction vous empêche donc
théoriquement d’admirer un des plus beau panorama du bassin. Pour couronner le
tout, vous rajouterez à cela une interdiction de pratiquer la plongée
sous-marine, alors que l’endroit est l’un des plus profond du bassin et que
plusieurs blockhaus de la deuxième guerre peuvent être visités sans danger dans
les abysses.
Alors à qui profite le crime ? C’est assez simple, aux riches vacanciers ne
venant que quelques semaines par an. Les 44 hectares sont un coin tellement
convoité que seuls quelques stars ou grands entrepreneurs peuvent effleurer le
rêve de pouvoir y séjourner. C’est pour "que l’on cesse de déranger les habitants
en été", me suis-je laissé dire par un élu dont le nom est aussi
insignifiant que le mandat. Je trouve déplorable une telle attitude. Le
Cap-Ferret est à tout le monde. Il est dommage d’empêcher les gens de profiter
de la beauté des lieux sous couvert de « garantir la sécurité de tous ». Un effet de plus de la saint-tropezisation du Cap-Ferret ?
L’ostréiculture à nouveau en danger ?
Après l’interdiction de la vente d’huitres du bassin en mai, suite à la présence d’algues toxiques, un nouveau danger tout aussi sérieux pointe son nez. En effet le comptage des huîtres qui va s’opérer ces jours-ci, devrait confirmer des premières observations qui indique un captage très faible.
La ponte des huîtres a lieu de juin à septembre, et après une vie larvaire d’environ 21 jours la larve se fixe sur un support (des tuiles passées à la chaux sur le bassin d’Arcachon) pour créer sa coquille. Les premières observations sur les tuiles dans les parcs du Bassin d’Arcachon, font état d’un grave déficit de capture. D’habitude, une tuile contient plusieurs centaines de petites huîtres, or on n’en compte maintenant que quelques dizaines.
Conséquence du réchauffement de la planète, de la prolifération de bateaux, d’un tourisme mal maîtrisé (voir ici) ?
En tous cas c’est une tuile de plus pour les ostréiculteurs après la crise des algues. Précisons que cette fois-ci la qualité n’est nullement en cause, mais c’est la quantité d’huitres disponibles à terme sur le marché qui inquiète. Devra t’on se passer de ce bonheur ?
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